Tracas du quotidien #11 : mourmouter

Capture d’écran 2013-11-07 à 17.46.32Mourmouter (vi) : faire ses courses avec l’irrépressible envie de faire une grosse sieste.
Ousse-mourmouter (vi) : devoir retourner au supermarché acheter ce qu’on a oublié parce qu’on a trop mourmouté.

Il y avait Dupont et Dupond…

… voici désormais Froissard et Froissart. Qui a raison ?

IMG-20131019-00099IMG-20131019-00100En l’occurrence, c’est Froissart avec un « t » qui est la bonne orthographe (oui, bon, je sais, ça ne changera pas votre journée non plus). Jean (ou Jehan) Froissart est un poète et chroniqueur du XIVème siècle, originaire de mon « pays », le Nord. Ses écrits sont une documentation précieuse sur cette époque médiévale.

Merci à Nico pour les photos.

Sur les rails de la Petite Ceinture

Paris_Petite_Ceinture_1898

Une carte des voies ferroviaires parisiennes en 1898, avec, autour de Paris, la Petite Ceinture (Paris – Petite Ceinture 1898 / F.A. Brockhaus, Leipzig)

Disparus dans les années 30, les tramways sont de retour à Paris. Plusieurs lignes visent  à entourer la ville, de porte en porte. L’affaire n’est pas nouvelle, puisque la ville possédait au 19ème siècle déjà une voie de chemin de fer intérieure, longue de 32 kilomètres. Délaissée à cause du métro et de la voiture, la Petite Ceinture ferroviaire n’a pas totalement disparu en ce 21ème siècle : les voies demeurent encore ici et là, les anciennes gares aussi (et ont parfois été réutilisées pour le RER). Certains militent depuis des années pour sa réutilisation. Et il y a des discussions en cours pour savoir ce que pourrait devenir cet ancien réseau ferré.

J’avais eu l’opportunité, il y a quelques années, de faire un court voyage en train spécial sur un segment de la Petite Ceinture. Inutile de vous dire que bon nombre de gens avaient été interloqués de voir passer un train en bas de leur immeuble.

Début septembre dernier, je suis allé me balader sur la portion de la Petite Ceinture dans le 15ème arrondissement, où 1,3 kilomètre a été aménagé spécialement pour le grand public (il y a déjà deux autres endroits de ce type dans Paris). Les installations sont réversibles, elles pourront être retirées facilement si besoin. On accède aux anciennes voies ferrées par une passerelle, depuis la rue Olivier de Serres.

P1100029Comme je le disais, les voies ferrées n’ont pas disparu. Il faut dire que certaines d’entre elles ont servi au transport de marchandises jusque dans les années 80. Un  tronçon est même resté ouvert aux voyageurs jusqu’en 1985, si j’en crois mes recherches (du côté d’Auteuil, dans l’ouest parisien).

P1100030P1100032Ce qui est marquant, quand on baguenaude sur ce tronçon, c’est de voir comme la végétation a repris le dessus, dans ce bout de ville oublié, entre les immeubles, à proximité des boulevards des Maréchaux et de l’ignoble périphérique. La nature est ici (de nouveau) chez elle, sur les talus, les ballasts, les ponts, entre les rails. Cela est d’autant plus étonnant à voir qu’à Paris, les jardins sont très « apprêtés » (on est en France, pas à Berlin, où les parcs ont un côté sauvage et brut de décoffrage). Ici, la biodiversité n’est pas un vain mot. Cette végétation en vrac abrite des oiseaux aux noms formidables, comme le Grimpereau des jardins ou la Sittelle torchepots ou encore la chauve-souris Pipistrelle commune.

P1100034P1100048La balade sur ce tronçon, qui devrait à terme relier la rue Olivier de Serres au Parc André Citroën, permet d’approcher une des anciennes gares, particulièrement bien conservée, la Gare Vaugirard-Ceinture. Elle est visiblement habitée, ou du moins utilisée (mais je n’en sais pas plus. Apparemment, c’est un coin à apéros !).

P1100033P1100035La ville a plutôt bien fait les choses, je trouve. On trouve ainsi des panneaux qui expliquent au-dessus de quelle rue on se trouve. P1100044

P1100039Ce tronçon offre de quoi faire des photos étonnantes, comme celle-ci, à laquelle j’avais consacré un petit article de ce petit blog.

P1100037La même, avec un point de vue légèrement différent.

P1100036Et une autre, encore, prise d’un autre endroit :

P1100040La promenade se termine vite, le tronçon vers Balard n’est pas encore terminé. Certains rebelles poussent au-delà des barrières. Mais bon, ce n’est pas nouveau, la Petite Ceinture accueille depuis toujours des promeneurs (et des tagueurs).

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J’imagine que d’autres parties de la Petite Ceinture vont faire l’objet d’une ouverture au public. Certains esprits qualifieront sans doute cela de « bobo » (aujourd’hui, tout est malheureusement rangé sous ce vocable facile, même le fait d’utiliser un vélo ou d’acheter ses fruits au marché. Bientôt, respirer sera un truc de bobo, à ce rythme), mais personnellement, je trouve que c’est une bonne idée. Voir cette végétation pousser comme elle l’entend (et aussi comme elle le peut) est rafraîchissant, dans une ville aussi minérale que Paris, en manque cruel de poumons verts. Déambuler dans un interstice urbain comme celui-là, moi, ça me plaît.

Petite résurrection d’un magasin mort

P1100174J’aime visiter les lieux abandonnés, surtout quand il reste des traces de ce qu’ils ont été (1). J’ai pu entrer cet après-midi du 18 octobre dans un endroit fermé depuis peu au grand public, et qui fut autrefois plein de vie, de disques, de films, et de livres : le Virgin Mégastore de Barbès. Pendant deux jours, il a été investi par des disquaires, des vrais, à l’occasion du MaMa Festival.

P1100150Drôle de sensation en parcourant ce marché aux disques, entre les rayons bien vivants des disquaires, et ceux, fantômes, de l’ex-Virgin, encore en place. Cela m’a aussi fait un petit choc de voir l’escalier menant à l’ancien sous-sol (là où se trouvaient les livres) être fermé et plongé dans la pénombre. Je n’étais pas un grand adepte de Virgin, mais j’y venais parfois. Je ne lui trouvais pas trop un caractère de « supermarché de la culture », et le rayon livres était vraiment bien (même si je préfère acheter toujours, quand c’est possible, chez le libraire de mon quartier). J’y achetais aussi mes places de concert. Tout ça m’a pincé un peu le cœur, quand même, il faut bien avouer. Le Virgin était un des lieux importants de ce coin bigarré et agité de Paris.

Un collectionneur de 87 ans de « La Paloma »

P1100162Dans les allées revenues pour 48 heures à la vie, j’ai pu discuter avec les disquaires, dont le très sympathique Dove, qui est certes troyen mais surtout itinérant (il va de ville en ville avec son camion, si j’ai bien saisi) et DJ. Un autre disquaire, Yves, de Hands and arms, m’expliquait qu’il ne voyait pas ça comme une revanche des « petits » sur le « gros », mais bon, pour moi, cela  y ressemblait quand même un peu. Le symbole était fort.

Je me suis aussi retrouvé à dialoguer avec un vieux monsieur, âgé de 87 ans. Pas forcément commode. Refusant de me donner son nom (« Je suis trop connu »), n’aimant pas Internet et travaillant (??) pour le magazine Bild (là, je n’ai vraiment pas compris, malgré mes questions), il traque sur tous les marchés du disque des enregistrements de « La Paloma ». Une chanson de 1863, enregistrée apparemment 450 fois en 153 langues (2). Il semblait un peu irrité que je ne connusse pas ce morceau (je sais qu’il existe, je ne peux pas le chanter ni le fredonner). Il avait sa liste en main d’enregistrements répertoriés (merci Internet) et il ne passait évidemment pas inaperçu au milieu des autres visiteurs. On tombe parfois sur de bien curieux personnages dans des lieux fantômes.

(1) Il faudrait que je raconte ici, un jour, ma visite des stations fermées du métro parisien il y a quelques années. Un grand moment.
(2) Il circule beaucoup de chiffres sur cette chanson, elle aurait même été enregistrée plus de 2000 fois, soit davantage que le Yesterday, des Beatles.

De rien !

dea0f5a2ed6111e2957d22000a1fa40f_7J’avais trouvé cocasse de voir ce panneau placé en pleine cambrousse. Bien entendu, il était lié à des travaux routiers à proximité. Mais ainsi isolé et photographié seul, sans le contexte, il devenait amusant, presque intriguant (un peu comme du street art, mais sans  street). « Merci de votre compréhension » : pourquoi, de quoi ? A chacun de décider…