Petite résurrection d’un magasin mort

P1100174J’aime visiter les lieux abandonnés, surtout quand il reste des traces de ce qu’ils ont été (1). J’ai pu entrer cet après-midi du 18 octobre dans un endroit fermé depuis peu au grand public, et qui fut autrefois plein de vie, de disques, de films, et de livres : le Virgin Mégastore de Barbès. Pendant deux jours, il a été investi par des disquaires, des vrais, à l’occasion du MaMa Festival.

P1100150Drôle de sensation en parcourant ce marché aux disques, entre les rayons bien vivants des disquaires, et ceux, fantômes, de l’ex-Virgin, encore en place. Cela m’a aussi fait un petit choc de voir l’escalier menant à l’ancien sous-sol (là où se trouvaient les livres) être fermé et plongé dans la pénombre. Je n’étais pas un grand adepte de Virgin, mais j’y venais parfois. Je ne lui trouvais pas trop un caractère de « supermarché de la culture », et le rayon livres était vraiment bien (même si je préfère acheter toujours, quand c’est possible, chez le libraire de mon quartier). J’y achetais aussi mes places de concert. Tout ça m’a pincé un peu le cœur, quand même, il faut bien avouer. Le Virgin était un des lieux importants de ce coin bigarré et agité de Paris.

Un collectionneur de 87 ans de « La Paloma »

P1100162Dans les allées revenues pour 48 heures à la vie, j’ai pu discuter avec les disquaires, dont le très sympathique Dove, qui est certes troyen mais surtout itinérant (il va de ville en ville avec son camion, si j’ai bien saisi) et DJ. Un autre disquaire, Yves, de Hands and arms, m’expliquait qu’il ne voyait pas ça comme une revanche des « petits » sur le « gros », mais bon, pour moi, cela  y ressemblait quand même un peu. Le symbole était fort.

Je me suis aussi retrouvé à dialoguer avec un vieux monsieur, âgé de 87 ans. Pas forcément commode. Refusant de me donner son nom (« Je suis trop connu »), n’aimant pas Internet et travaillant (??) pour le magazine Bild (là, je n’ai vraiment pas compris, malgré mes questions), il traque sur tous les marchés du disque des enregistrements de « La Paloma ». Une chanson de 1863, enregistrée apparemment 450 fois en 153 langues (2). Il semblait un peu irrité que je ne connusse pas ce morceau (je sais qu’il existe, je ne peux pas le chanter ni le fredonner). Il avait sa liste en main d’enregistrements répertoriés (merci Internet) et il ne passait évidemment pas inaperçu au milieu des autres visiteurs. On tombe parfois sur de bien curieux personnages dans des lieux fantômes.

(1) Il faudrait que je raconte ici, un jour, ma visite des stations fermées du métro parisien il y a quelques années. Un grand moment.
(2) Il circule beaucoup de chiffres sur cette chanson, elle aurait même été enregistrée plus de 2000 fois, soit davantage que le Yesterday, des Beatles.

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