Ma petite chaise en fourrure orange

Guigui le journaleuxP1100253En haut, c’est moi. Je n’ai pas la date exacte de cette photo mais elle doit dater je pense, de 1979, et j’avais donc autour de 6 ans. En bas, c’est Victor, mon neveu et filleul photographié, en ce début de novembre 2013 en train de faire ses devoirs. Il a 6 ans aussi. Entre ces deux clichés, 35 ans au moins ont passé (et beaucoup de cheveux et d’illusions sont tombés de mon côté). Que de points communs entre ces deux images, prises quasiment au même endroit, dans la maison de mes parents, devenue celle de ma sœur. Le salon est toujours le salon, la télévision a certes changé, mais elle trône toujours au même endroit.

C’est mon papa qui prenait la plupart des photos. A l’époque, on « shootait » et puis on découvrait le résultat une fois la pellicule développée (ce qui donnait lieu à des ratages parfois intéressants, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, où l’on a trop tendance à jeter un cliché qu’on juge à chaud raté). Je devais être en train de dessiner, mon hobby de l’époque (que n’ai-je persévéré dans cette voie plutôt que de me piquer d’écrire des articles ?)

Je me souviens de cette chaise, recouverte de fourrure acrylique orange. N’est-elle pas hyper chouette ? Je me rappelle aussi très bien de mon stylo (ma mémoire me fait flipper des fois, à enregistrer des choses aussi inessentielles) : c’était une sorte de Bic, avec un gros capuchon rond et noir, que l’on pouvait mettre autour du cou grâce à un cordon. Je me rappelle bien également de cette télé : pour changer de chaîne, on n’enfonçait pas un bouton, on effleurait juste du doigt sur une sorte de diode verte, le top de la modernité. Les réglages divers (le son, la lumière) se faisaient via des curseurs placés en façade. Il n’y avait pas de télécommande, je crois. Il faut dire qu’avec trois chaînes de télévision (FR3 étant née comme moi en 1973), cet accessoire n’était guère pertinent. Il n’y avait pas de magnétoscope non plus.

Une remarque sur cet épatant papier peint que l’on aperçoit au fond. Mes parents, à l’époque, comme tant d’autres, avaient opté pour des motifs fleuris très très très très très très marqués, pour ne pas dire étouffants. Mais c’était ainsi. Devenu ringarde dans les années 80, cette mode fait aujourd’hui un retour en force (marron). Il suffit de regarder une émission consacrée au design pour voir à quel point les 70 cartonnent. Tout passe, tout lasse, mais tout revient.

Que pourra dire Victor de sa propre photo en 2048 ? Sera-t-il étonné de se voir se servir d’un stylo (abandonné, dans certaines écoles américaines, au profit des outils informatiques) ? D’écrire sur un vrai cahier, sentant bon le papier (une de mes odeurs préférées, celle qui fait que je n’achèterai jamais de liseuse électronique, tant que ce sera possible) ? D’avoir été pris en photo par cet oncle, qui fut un temps journaliste, ce métier désormais effectué par des robots ? Et si la photo papier de 1979 a survécu, quid de celle 2013, immatérielle : existera-t-elle encore, ou aura-t-elle disparu dans le grand cimetière des données numériques ?

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