Il ne faut pas souhaiter la mort des gens

277652_10150304890031054_8255321_oIl faut bien avouer que si on est toujours le con d’un autre, cet autre sait parfois aussi y faire pour nous moisir la journée, la semaine, la vie, jusqu’au trognon. Et dans ces cas là, on se dit : « Mais va donc mourir, empaffé » (oui, ça peut être plus vulgaire que ça). Mais c’est peut-être une erreur. Car, comme le chantait Dominique A. il y a quelques années, « il ne faut pas souhaiter la mort des gens, ça les fait vivre plus longtemps ». Je suis sûr qu’il a raison. Il vaut mieux ne pas prendre de risque.

Alors, en ce jour de la Saint-Guillaume (hop, vas-y comme je te le place), j’ai bien réfléchi, et je ne souhaite pas la mort de tout un tas de gens. Parmi eux se trouvent (liste non exhaustive, je précise) :

– Les livreurs de pizzas à scooter qui fendent la bise à 159 km/h en ville, en sens interdit, sur les trottoirs, et si besoin, sur les gens eux-mêmes (bon, ok ils sont obligés par leurs patrons de foncer mais n’empêche, ce sont de grands malades).
– Les adultes en trottinette. Laissez ça aux gosses, par pitié. Ou alors, apprenez à freiner (et arrêter de tapoter sur votre téléphone en même temps)
– Les gens dans le métro qui considèrent que le siège de devant fait office de repose-pieds, ou qui s’étalent sur le leur comme si personne d’autre n’existait : « J’occupe 1,5 siège, et alors, où est le souci ? ». Le souci, c’est que si je voulais faire pareil, il faudrait 3 sièges pour deux, voilà le souci. Ça ne colle pas, d’un point de vue arithmétique.
– Dans le métro toujours, les amoureux qui se galochent goulûment au petit matin devant vous, quand la rame est bondée et que la promiscuité avec votre voisin transpirant est déjà la limite haute de votre amour de l’humanité. Ça ne peut pas attendre, juste un peu ?
– Dans le métro (ou le train, ou le bus, ou tout espace un peu clos) la personne QUI PENSE QUE SA CONVERSATION AU TÉLÉPHONE INTÉRESSE TOUT LE MONDE, GENRE MOI J’AI UNE SUPER VIE ACTIVE ET PLEIN D’AMIS QUI POSTENT DES PHOTOS DE SOIRÉE SUR FACEBOOK ET AVEC LESQUELS JE PRÉPARE LES PROCHAINES VACANCES AU SKI.
– Ceux prêts à tout, comme pousser des vieillards (et vous avec) pour passer devant et avoir les meilleurs places dans la rame, ou le bus ou le bateau. La classe. L’humanité au top.
– Le directeur du supermarché qui croit que vous avez forcément envie d’entendre du Johnny Hallyday pendant que vous faites vos courses.
– Les collègues qui vous racontent par le menu en arrivant le matin leur gastro de la nuit. Non, même sous la torture, c’est interdit de faire ça.
– Les parents qui emmènent leurs enfants de 5 ans à des expositions ardues et sur-bondées, genre le Titien au Musée du Luxembourg, afin de leur expliquer « les caractéristiques et enjeux de l’art du portrait de l’école vénitienne » du 16e siècle. A 5 ans. Et ils leur lisent du Søren Kierkegaard le soir pour les endormir aussi ?
– Les parents (parfois les mêmes qu’au-dessus) béats d’admiration devant leurs enfants qui animent la terrasse du café à grands coups de hurlements, de cris, de courses poursuites et de verres fracassés. Non, l’enfance n’est pas QUE belle.
– Au club de sport, celui/celle qui part prendre sa douche en laissant soigneusement toutes ses affaires sales et de rechange, son sac, ses chaussures, sa bouteille d’eau sur le banc devant son casier, car il a la flemme de tout ranger. Il fait comme chez lui et les autres n’ont qu’à s’asseoir par terre ou se changer debout, espèce inférieure qu’ils incarnent.
– Au club de sport toujours, celui/celle qui abandonne sa bouteille de gel douche vide (« hé hé hé, un abruti ira bien la jeter, pourquoi s’emmerder ? »), ou qui pense qu’au sauna, égoutter sa sueur AU-DESSUS du calorifère est une chouette idée. Non : ça n’est pas chouette.
– Au cinéma, celui ou celle qui arrive en retard, se place évidemment derrière vous et vous met soigneusement des coups de genou dans le dos. A intervalles réguliers. Et il/elle parle, aussi, tant qu’à faire comme chez Mémé (cf. le Pchipchipchipchi).
– Les voisins du dessus (ou du dessous) qui grattent/poncent/cloutent/perforent/ratiboisent/cassent/percent/aspirent/abattent-des-murs les jours fériés et les week-ends, dès 8 heures du matin. Pourquoi 8 heures ? Rien de tout ça ne peut attendre 9h30 ?
– Les voisins du dessous (ou du dessous) qui pensent qu’ululer  « WHOUOUOUOUOUOU » régulièrement lors d’une fête chez eux, avec leurs amis, signifie que ladite fête est plus folle. Non, elle est juste plus pénible, pour le coup. Surtout si on y repasse 40 fois la chanson où Téléphone rêve « d’un autre monde ». Vous aussi, de fait.
– Le nouveau boss qui arrive avec des diapositives Powerpoint de son nouveau projet de réorganisation « pour trouver de nouvelles synergies et s’adapter à un marché qui ne cesse d »évoluer » (c’est un plan social, en résumé). Et exige de l’enthousiasme.
– Les gens qui disent « en Avignon », « solutionner » ou « digital » (à la place de numérique).
– Le voisin de théâtre, de cinéma, d’avion qui s’approprie sans discussion l’accoudoir commun, comme si tout lui revenait de droit divin (cf. la klepzoute).
– Les gens qui programment les musiques d’attente de centre d’appels. Par extension ceux qui les composent, parfois, et sont même payés pour ça.
– Ceux qui vous font des appels de phare sur l’autoroute alors qu’ils sont encore loin derrière vous, très très loin. « Pousse toi, vermine », ça signifie, « laisse passer Bibi avec sa grosse voiture allemande, toi qui roule en Peugeot 207 ».
– Les gens qui klaxonnent dans un embouteillage. Sérieux, POUR-QUOI ? A-t-on jamais observé qu’un vulgaire « Pouêt » dégageât une rue ?
– Et enfin, pour finir, la crème de la crème, mesdames et mesdames : les individus qui ont une poussette dans les mains, et s’imaginent alors dotés d’un super-pouvoir : celui d’avoir tous les droits sur l’occupation du trottoir ou du bus, et exigent des autres qu’ils s’écartent sur le champ, qu’ils s’évaporent, mieux : qu’ils n’aient jamais existé. Une poussette contre le reste du monde. Un flingue, à côté, c’est de la rigolade.

Hmmmm, oui, je suis cynique, personne n’est parfait et la vie n’est pas toute rose, alors pourquoi être si méchant ? Bah, une petite liste comme celle-là n’a jamais tué personne.
Non ?

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12 réflexions au sujet de « Il ne faut pas souhaiter la mort des gens »

  1. Ahhhhhh, merci, cette liste fait du bien 🙂
    Une petite pensée aussi à ceux qui, dans le bus ou le métro, nous enivrent de leurs odeurs, bonnes (à l’excès) ou mauvaises (le plus souvent).

  2. Bein dis donc, l’inspiration ne manque pas en ce début d’année. Il manque surtout à ta liste à mon sens, et je vais donc me faire un bon tas d’ennemis, les 90% d’utilisateurs de parapluies qui pensent que tout un chacun de plus d’1 mètre 80 a une dizaine d’yeux de rechange en stock et qu’ils peuvent donc se balader dans la rue sans prêter la moindre attention aux contacts que leur parapluie, d’une envergure naturellement triple ou quadruple à la leur, aura avec la tête des plus grands de leurs congènères. Tu l’auras compris herr Guigui, en 2014 comme depuis 1994, je me refuserai quelles que soient les circonstances à m’abriter sous le moindre parapluie. Bises et bon weekend

    • Mais oui, mon Alex, tu as raison, ils méritaient d’y être amplement (même si je confesse parfois me servir d’un parapluie, mais culminant à 1,83m, j’ai peu de chance d’éborgner un autre passant)

  3. C’est propre, c’est enlevé, drôle à souhait et assez exhaustif. Et comme de surcroît, moi aussi je ne m’abrite jamais sous un parapluie, je n’ai rien d’autre à rajouter

  4. Ping : La journée mondiale du tricot | Encore un fripi !

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