Sous le soleil exactement (ou presque)

Capture d’écran 2015-04-23 à 21.09.40Les apercevoir est signe que l’hiver a rendu les armes, et que les meilleurs des jours pointent devant. Quand le temps passe au beau en avril, un groupe de dames de mon quartier se donne rendez-vous au square Léon Serpollet, rue des Cloÿs, pour se tenir compagnie et papoter. Aux environs de 15h30, chaque jour, elles commencent à confluer. Elles se posent sur un des bancs sous les arbres, là où le soleil ne peut pas cogner en toute férocité. Un jardinier du square passe, claque la bise aux premières arrivées. Bientôt, des renforts arrivent. En une demie-heure, grand maximum, elles sont une dizaine, voire plus, assises en rang d’oignons sur plusieurs bancs. C’est un manège assez fascinant à observer, cocasse et émouvant à la fois.

Il y a des sœurs (des jumelles, je crois), dans ce groupe. S’y glisse aussi de temps à autre « la petite dame », qui n’est pas morte. Parfois, l’une de ces femmes se rend au square avec son mari ou un compagnon, lequel assure alors un quota très minimal de présence masculine. Malgré la chaleur qui darde, beaucoup ont amené manteaux, écharpes, foulards, pulls et gilets. La prudence reste de mise, malgré les degrés qui ont anormalement grimpé en ce moment de l’année. Ces pièces de vêtements finiront parfois sur les têtes de leurs propriétaires, pour éviter l’insolation (les journaux de la presse gratuite pouvant aussi assurer très bien un tel office). Les plus prévoyantes ont emmené un chapeau, voire un bob. Les groupes de discussion se forment, s’interpellent d’un banc à l’autre. D’autres dames ou messieurs passent. On se salue, on parle des enfants – eux-mêmes déjà en retraite, parfois. Des bribes de conversation s’échappent du bruissement doux des conversations. Il y a des rires fréquents.

– Ah oui, le chat, c’est plus propre.
– Le sport, ça te tient en forme plus longtemps.
– Mais qu’est-ce qu’elle est médisante, celle-là !
– Alors, ce soleil ?

Ah, ce soleil. Il tape aujourd’hui. « Il fera moins chaud tout à l’heure » promet une d’elles. Des changements de place s’opèrent. Il s’agit pour certaines d’être davantage exposées à tout ce débordement de lumière, pour d’autres de l’éviter. Il y a des départs, des arrivées, comme finement réglées. Un monsieur passe, baragouine quelque chose, et s’en va. « Qu’est-ce qu’il a dit ? » hasarde une participante. « Il a dit qu’il reviendra plus tard » assure une autre. Déjà, le parc se remplit d’enfants, les décibels grimpent, les adolescents passent en groupes dans l’allée, smartphones en main. Les dames du square Serpollet observent tout cela avec attention, et amusement aussi. Il sera bien temps assez de rentrer plus tard. Rien ne presse. Il faut profiter des amies et de tout ce fourmillement, alentour. Et du soleil, bien entendu. « Les pieds sont chauds, les mains aussi » lance l’une d’elles. Les cœurs également.

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5 réflexions au sujet de « Sous le soleil exactement (ou presque) »

  1. Ah !!! si les bancs pouvaient parler ! 😉
    Une génération qui finira par s’éteindre et laisser place à des mamys avec leurs tablettes numériques… 😦

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