Il restera

Il restera des photos. D’un dimanche de communion. De jours heureux. De petits riens. De beaux habits et d’un rayon de soleil.

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D’autres vies que les nôtres

Dans Cemetry Gates, sur l’album The Queen Is Dead des Smiths, Morrissey fait se demander au narrateur à propos des pierres tombales qu’il ou elle regarde : « Tous ces gens, toutes ses vies, où sont-ils, où sont-elles ? Avec des amours, des haines, des passions comme les miennes, ils sont nés, ils ont vécu, et ils sont morts. » J’ai repensé à cette chanson en prenant ces vieilles pierres tombales, en Corrèze. Qu’ont été ces personnes ? Les a-t-on aimées vraiment, détestées parfois, ou rien de tout cela ? Ont-elles été heureuses, au moins un peu ? Quelqu’un se souvient-il encore d’elles, parfois, dans cette campagne qui s’est dépeuplée au fil du temps ? Ou ne reste-t-il d’elles que ces stèles et ces plaques (ce que leur état laisse entendre) ? Je n’ai aucune réponse, et n’en cherche pas, mais j’avais envie de faire une petite place ici à Jeanne Pouget, Pierre Espinet, Maria Porte et à Léonard Villechenoux.

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Des gens, des bancs.

Perros-Guirec, plage de Trestraou. Côtes-d’Armor, Bretagne.

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(Photos sans filtres, sans retouches, prises à la volée, postées de façon chronologique, sans que les « modèles » ne soient informés. Aucun animal n’a été blessé dans cette séquence, non plus).

Typographies for ever

Partir dans Paris à la chasse aux vieilles boutiques (enfin, pour la plupart) et de leurs formidables enseignes et typographies, voilà qui ne me lassera jamais. Je vous livre ici le résultat de la pêche opérée lors de récentes balades, l’occasion de voir l’incroyable diversité de polices de caractères utilisées au fil des années (je suis particulièrement fan de celle de la librairie, et de Radio Lyrel). Certaines photos ont déjà été publiées ici, mais au diable l’avarice, je les repropose ici, sous forme de série. (PS : premier billet de blog depuis presque un an, le Fripi a failli rouiller, il était temps de venir un peu mettre de l’huile sur les boulons).

Apaches et griffon

Les puces de Saint-Ouen s’avèrent une source inépuisable de choses à voir, de photos à prendre. Et de découvertes à faire, comme cette moto de marque Griffon, dont les Internets m’apprennent qu’il s’agissait d’une sous-marque de Peugeot dans les années 50-60 (le griffon étant lui le nom d’une créature mythologique, mixant aigle, lion et cheval). Ou encore ce Petit Journal daté de 1907, qui évoque les Apaches, terme générique (et en partie un mythe urbain) servant à qualifier les bandes de voyous sévissant alors dans la capitale (et qui, si j’en crois la « une » de cette publication, étaient vraiment très très très très grands).

Un carrossage, décarrossage

P1110412Il y a environ un an de cela, je vous racontais le décarrossage de la station de métro Marcadet-Poissonniers, et la résurgence d’un passé maintenu dans son jus derrière des panneaux métalliques installés dans certaines stations dans les années 60. En retirant ce carrossage pour rénover ces lieux, la RATP fait remonter à la surface les carreaux de faïence d’origine, les affiches et panneaux publicitaires d’époque. De quoi procurer une belle émotion à ceux qui, comme moi, se piquent de s’intéresser à l’histoire des villes et leur patrimoine (le monde a besoin de gens bizarres, sachez-le). Un phénomène rare qu’il ne faut pas rater, puisque les affiches sont rapidement déchirées par les curieux, ou vandalisées par les idiots – même si la RATP essaye d’en protéger quelques unes.

En ce début d’année 2016, c’est ainsi au tour de la station Trinité-d’Estienne d’Orves de se délester de cette surcouche, et de se dévoiler dans sa splendeur perdue de 1959 ou 1960, année de sa défiguration. Ici et là, on se rend compte qu’un coup de chiffon suffirait presque à lui rendre son lustre. À l’époque, on l’appelait encore P1110421« Trinité », et comme à Poissonniers, s’y trouvaient des affiches collées à même le mur (et que la RATP ne pourra donc pas récupérer, à moins d’un miracle). Chose émouvante : certaines d’entre elles rappellent aux voyageurs d’alors les stations fermées au public (depuis la seconde guerre mondiale) : Arsenal, Bel Air, Champ de Mars, Saint-Martin, Croix-Rouge… Des noms fantasmatiques pour les aficionados du métro parisien. Certaines de ces stations ont rouvert par la suite, comme Rennes, Liège (1) ou Cluny. Mais bon, laissons-là la littérature : voici quelques photos de Trinité, avant rénovation, et avant qu’il ne reste plus rien de tout cela : le carreau estampillé « Faïencerie de Gien », les panneaux horaires en papier avec le vieux logo de la régie, la publicité Saint-Raphaël sur support métallique, les affiches de théâtre… Séquence émotion vintage.

L’an dernier, à l’occasion d’un article pour Dixhuitinfo.com, la RATP m’avait fourni l’explication suivante sur le carrossage des stations, essentiellement pratiqué sur la ligne 12, ex-ligne A de la compagnie Nord-Sud : « De 1959 à 1965, un carrossage standardisé a été déployé sur une centaine de quais des stations du métro. Ces carrossages métalliques avaient pour vocation, au-delà de la modernisation des aménagements des stations, de permettre le déploiement des nouveaux formats d’affichage publicitaire de 4 par 3 mètres. Cette campagne de rénovation fut d’ailleurs financée à l’époque par la régie concessionnaire de la publicité Métro Bus. Par économie, le carrelage derrière le carrossage fut conservé ». Les mesures d’économie ont parfois du bon, la preuve.

Dans la foulée de cette plongée archéologique à Trinité, j’ai fait un crochet pour voir ce que devenait justement la station Marcadet-Poissonniers. Les travaux y sont presque terminés (2). Les vestiges ont disparu. J’espère que certains ont pu être conservés, même si j’en doute fortement.

(1) La dernière station de métro parisienne a avoir connu des horaires restreints, à sa réouverture en 1968 et jusqu’en 2006.
(2) Je m’interroge sur le nom qui sera utilisé : les emplacements réservés ne permettront visiblement pas d’écrire Marcadet-Poissonniers à la suite. Aura-t-on droit à Poissonniers, flanqué d’un petit Marcadet ? Suspens.

Choses à montrer, ou à donner

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Quoi de mieux pour réactiver ce blog, mis en sommeil depuis un trop long moment (léger changement de vie oblige), qu’un de ces fameux petits mots de mon neveu de Victor ? Ces billets faits main que j’affectionne au point que je pourrais me les coller en intraveineuse, comme remède pour aller toujours (à peu près) bien. Cette fois, il est question de « choses à montrer ou à donner à Quentin ». (Avec ce dernier, le loustic a fondé une sorte de club de trottinettes local, les « Free stylers du 59 », alias les « LF5 » (ne me demandez pas où est passé le 9, ils n’ont pas su m’expliquer)). Cette enveloppe soucieuse d’organisation s’avère tout simplement magnifique, avec ce mystère  – les « choses » – et ces deux options – « à montrer » ou « à donner ». Elle rejoint un peu la préoccupation première de ce blog, qui était de servir de vide-poches des choses à montrer ou à donner (à lire). L’occasion faisant le larron, il était donc temps de remettre, au moins un tantinet, le fripi sur la trottinette des Internets.

Pleine de lignes, la vie 

IMG_2111-0Sur la promenade de la plage en forme de croissant de Trestraou, à Perros-Guirec, cette photo s’est offerte à moi comme une évidence. Ces lignes partout, horizontales, verticales, allant des lattes du banc jusqu’aux pulls en passant par les stries des nuages dans le ciel, composaient en se croisant et se superposant une image étonnante, seulement perturbée par les arabesques des ombres au sol. Il ne fallait pas rater une telle offrande.

Grandir, c’est perdre un peu

11264873_10153270234326054_2993263702463145399_nMa nièce de 5 ans (et demi, elle y tient) n’aime pas perdre, comme nombre d’enfants. Au cours de cette troisième partie des « Licornes dans les nuages » (je vous épargne les détails de ce jeu de dés) – et après avoir remporté facilement les deux premières – la voilà qui s’est bloquée totalement à la perspective de perdre. Et le fait que la situation génère en moi un fou rire involontaire a évidemment accentué sa vexation (1). J’ignore pourquoi tant de petits abhorrent à ce point d’être défaits (j’en faisais partie, mauvais perdant de base que j’étais). Je ne me lancerai pas dans de la psychologie de comptoir (2). Par contre, je suis assez content de cette photo, qui résume à elle seule ce moment où l’enfant se ferme, se cache le revers annoncé, pleure pour l’éviter. Cela doit être ça, grandir : comprendre peu à peu que la vie va vous réserver bien souvent des défaites, des vents contraires, des chausse-trappes. Et que bouder ne servira à rien : il faudra bien faire face de toute façon.
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(1) Précisons à toutes fins utiles que je lui ai expliqué que perdre faisait partie de la vie (et expliqué en quoi elle n’avait pas tant perdu que ça, au final). Et après quelques larmes, le petit drame domestique fut clos. Il faut expliquer la défaite, mais il faut savoir aussi arrondir les angles trop pointus de l’existence.
(2) Il y a sans doute des raisons diverses pour expliquer cette peur de la défaite chez les petits : l’école et ses évaluations, la télévision, le fait que tous les jeux ou presque valorisent la victoire plutôt que l’apprentissage. On est très vite conditionné à l’idée de la victoire, de la réussite, j’imagine ?