Choses à montrer, ou à donner

choses

Quoi de mieux pour réactiver ce blog, mis en sommeil depuis un trop long moment (léger changement de vie oblige), qu’un de ces fameux petits mots de mon neveu de Victor ? Ces billets faits main que j’affectionne au point que je pourrais me les coller en intraveineuse, comme remède pour aller toujours (à peu près) bien. Cette fois, il est question de « choses à montrer ou à donner à Quentin ». (Avec ce dernier, le loustic a fondé une sorte de club de trottinettes local, les « Free stylers du 59 », alias les « LF5 » (ne me demandez pas où est passé le 9, ils n’ont pas su m’expliquer)). Cette enveloppe soucieuse d’organisation s’avère tout simplement magnifique, avec ce mystère  – les « choses » – et ces deux options – « à montrer » ou « à donner ». Elle rejoint un peu la préoccupation première de ce blog, qui était de servir de vide-poches des choses à montrer ou à donner (à lire). L’occasion faisant le larron, il était donc temps de remettre, au moins un tantinet, le fripi sur la trottinette des Internets.

Demain matin : revisser le lit

10154482_10152382633041054_6312890580959837883_nOuf, mon Victor de neveu n’a pas encore perdu le goût de rédiger des petits papiers. Apparemment perturbé par le couinement de son lit, il a annoncé le programme à son père pour le lendemain, tournevis à l’appui (au cas où ce ne serait pas suffisamment clair) : « revisér le lit », c’est à dire revisser les lattes du sommier. Ce billet me plaît tant, surtout avec cet accent aigu barré.

Les bouts de pommes vont devenir des crottes

dessin-victorJe suis tombé hier sur ce dessin de mon loustic de filleul, Victor (6 ans, pour ceux qui n’auraient pas suivi). Alors, bon, je passe vite fait sur tout ce que j’aime dedans : la dégaine du bonhomme en train d’engloutir cette pomme, sa tête ahurie, les flèches explicatives dont je raffole, cette écriture enfantine liée (que je pourrais me coller en intraveineuse, je crois) ces petites fautes d’orthographe de l’enfant qui apprend encore… C’est sur les bulles de dialogue que j’aimerais m’attarder deux minutes.

Où vont les aliments que je mange ? C’est la question de l’exercice. Hé bien, Victor a visiblement la réponse, et elle est simple (et avérée) : « les aliments vont dans l’estomac et puis dans l’intestin ». Et ensuite ? Ben ensuite, « les bouts de pommes vont devenir des crottes ». Et hop, l’affaire est bouclée, on n’en parle plus. D’autres questions ? Non. Tout est dit.

Ce serait bien qu’on retrouve, chez nous, les adultes, cette faculté d’aller à l’essentiel. Parce que , parfois, avouons-le, on complique un chouïa le bidule. Quand vous voulez déjeuner avec quelqu’un, par exemple, ça peut virer très vite au cauchemar logistique.
– On déjeune ensemble semaine prochaine ?
– Ok, quel jour ?
– Je ne sais pas, quel jour t’arrange ?
– Et toi, quel jour t’arrange ?
– Mardi ?
– Non, mardi, impossible. Mercredi ?
– Je peux jeudi.
– Pas possible jeudi, ni vendredi.
– Je pouvais mercredi et vendredi seulement !
– Bon, on décale alors ?
– Oui, on se recontacte. Enfin, je ne suis pas trop dispo la semaine prochaine.
– Bah, on trouvera bien un créneau.

Et au final, 6 mois auront passé avant la nouvelle tentative (qui échouera aussi sans doute). Si on appliquait la méthode organisationnelle des nains, ça donnerait un truc du genre :
– On déjeune ensemble la semaine prochaine ?
– Bonne idée, rendez-vous mardi, à 12h30, au bistrot La Renaissance ?
– Parfait, à mardi.

Appliquée au monde du travail, la « mioche attitude » serait aussi tellement agréable. Finies les 250 réunions avec les grands chefs visionnaires, qui se terminent par des « on essaiera de décider lors d’une prochaine réunion, parce que là, on a bien fait le point, mais on n’a pas vraiment tranché ». Mettez moi des Victor dans ces réunions, et une seule suffira sans doute pour savoir qui fait quoi, et pour quand, et avec qui. Car il ne faut pas perdre de vue, jamais, qu’au final, les bouts de pommes vont devenir des crottes. Ok ?